Socialiser un chiot: Instaurer la confiance et la coopération

Deux chiots sur une couverture avec du matériel de baseball

Bienvenue à toi, pitou. Que tu sois destiné à la compétition, au travail, à la chasse, ou simplement à être un compagnon choyé, ton aventure commence avec des jeux, des jouets et de l’exploration. Qu’il s’agisse d’interagir avec les enfants et les personnes âgées ou d’explorer différents environnements comme les cours, les sous-sols et autres terrains, c’est tout un monde d’expériences qui t’attend. Les balles, les jouets qui couinent, les obstacles à escalader et les jeux de cache-cache sont autant de plaisirs qui t’entraîneront dans une merveilleuse aventure d’apprentissage et d’épanouissement. 

La socialisation des chiots est une étape qui permet de les préparer à devenir des chiens adultes confiants, bien élevés et coopératifs. « Les chiots se développent à un rythme rapide, il y a donc une petite fenêtre temporelle entre 5 et 16 semaines pour les faire évoluer positivement, explique Pat Hastings, co-éditrice de « Another Piece of the Puzzle: Puppy Development » (Une autre pièce du casse-tête: le développement du chiot). 

Selon Pat Hastings, la capacité à « rebondir » face à la peur est un trait de comportement essentiel que les chiots apprennent au cours de leur socialisation. En exposant les chiots à diverses expériences, la socialisation les aide à surmonter leur appréhension initiale et à devenir plus aguerris. Ce processus réduit progressivement le nombre de choses qui effraient le chiot, ce qui le rend moins sensible aux nouvelles situations tout au long de sa vie. Plus le chiot vivra d’expériences positives et variées pendant la période critique de socialisation, mieux il sera armé pour faire face à des défis inconnus à l’avenir. 

« La capacité de rebondir de votre chiot est essentielle, c’est pourquoi vous ne devez jamais alimenter ses insécurités », explique Pat Hastings, spécialiste de l’évaluation des chiots et conférencière de renom. « Vous devez ignorer les premières réactions de peur de votre chiot et le laisser se débrouiller seul, sans intervenir. Si vous l’ignorez, il le fera généralement aussi. Ainsi, il ne s’en préoccupera probablement pas la prochaine fois. C’est ce qu’on appelle la capacité de rebondir. » 

Selon les recherches menées par les comportementalistes Scott et Fuller1, le comportement d’un chien repose à 35 % sur la génétique et à 65 % sur la socialisation, l’alimentation, les soins de santé, le dressage et la gestion de l’animal. En d’autres termes, la socialisation ne peut pas changer le tempérament, mais elle joue un rôle certain dans la gestion du comportement. 

Des recherches récentes menées au Wolf Science Center d’Ernstbrunn, en Autriche,2 ils ont montré que les chiens ont probablement hérité de la tolérance sociale et de l’attention de leur plus proche parent sauvage, le loup. Grâce à des expériences de socialisation de chiens et de loups avec des humains et leurs espèces respectives, les chercheurs ont observé que les loups présentaient des niveaux élevés d’attention sociale et de tolérance, ce qui se traduisait par un plus grand degré de coopération. Cette étude soutient l’hypothèse de la coopération canine, qui suggère que les loups ont joué un rôle important dans l’évolution de la coopération entre chiens et humains et dans la capacité des chiens à accepter les humains comme partenaires sociaux. 

L’importance de l’enrichissement 

Bien que les chiots possèdent naturellement le potentiel nécessaire pour devenir des partenaires sociaux coopératifs avec les humains, le processus de socialisation est crucial pour leur développement général. La socialisation joue un rôle essentiel en aidant les chiots à prendre confiance en eux et à s’adapter à de nouvelles expériences. Si vous manquez d’occasions de socialisation pendant cette période critique, les chiots risquent davantage de devenir des chiens adultes timides, craintifs ou réactifs. 

Le comportementaliste animalier Fox3 a montré que les chiots exposés à des stimuli de plus en plus complexes ou à un enrichissement recherchaient des environnements complexes et étaient dominants par rapport aux chiots peu stimulés. Ceux qui manquaient d’enrichissement se montraient intimidés, craintifs et recherchaient des environnements moins complexes, et compensaient souvent par des comportements autodestructeurs tels que la mastication et le léchage. 

La socialisation du chiot prépare le terrain pour toute la vie du chien. Les périodes de socialisation identifiées par Hastings dans « Another Piece of the Puzzle: Puppy Development » sont les suivantes: 

  • Période de curiosité (5 à 7 semaines): Une fois sevrés, les chiots n’ont pratiquement plus peur et sont donc prêts à explorer le monde. Ils sont prêts à grimper, à ramper, à explorer et à goûter tout ce qu’ils trouvent. C’est à cette période que leur degré de tolérance à l’égard des personnes atteint son apogée, car ils sont de plus en plus actifs. Les nouveaux défis, tels que les premiers bains, le toilettage et les sorties à l’extérieur de la maison, sont idéaux, car les chiots se remettent rapidement s’ils sont effrayés par quelque chose de nouveau. 

  • Amélioration du comportement (7 à 9 semaines): Les chiots sont capables d’apprendre n’importe quoi malgré leur courte durée d’attention. À cet âge, l’apprentissage se fait en continu. Le dressage doit être adapté à chaque animal et les chiots doivent prendre de bonnes habitudes, apprendre les limites et les règles régissant leur nouvelle vie. Il est important de mettre en place un environnement d’apprentissage stable et personnalisé. 

  • Confrontation à la peur (8 à 11 semaines): Entre 8 et 9 semaines, les chiots commencent à être plus prudents, voire à craindre les bruits forts, les mouvements brusques, les étrangers et la domination des autres chiens ou des humains. Si les chiots sont effrayés pendant cette période, il leur faudra peut-être des semaines pour retrouver un comportement normal. Chez les chiots non socialisés, tout ce qui est associé à la peur à cet âge constituera un stimulus de peur tout au long de leur vie sans une désensibilisation approfondie. 

  • Sensibilisation à l’environnement (9 à 12 semaines): Les chiots commencent à apprendre les bons comportements pour la première fois, améliorent considérablement leurs capacités motrices et prêtent plus attention aux humains. Ils sont occupés à découvrir leur nouveau monde. Le comportement peut être modelé très différemment selon ce que le propriétaire attend de son chiot. Si les chiots sont presque totalement séparés des autres chiens, le lien avec leur maître devient très fort. Les chiots laissés avec leurs compagnons de portée ont souvent des problèmes d’anxiété de séparation ou de surexcitabilité. 

  • Test de dominance (13 à 16 semaines): C’est l’âge de l’indépendance. C’est le moment où le chiot commence à tester sa dominance et son influence. L’apprentissage critique se fait à cette étape. Les chiots que l’on laisse mordre, dominer les enfants ou refuser des activités telles que le dressage en laisse, la coupe des ongles et le retrait de la nourriture ont moins de chances de devenir des chiens bien élevés. Les cours pour chiots sont essentiels, et le fait d’être manipulé et dressé par différentes personnes aide à développer la confiance en soi. 

En résumé, l’exposition des chiots à un large éventail d’expériences les aide à mieux s’adapter. Il est important de noter que la socialisation est un processus continu tout au long de la vie d’un chien. Elle doit être abordée de manière cohérente en combinant fermeté, douceur, patience et amour. La période critique pour la socialisation commence entre 5 et 16 semaines, mais le besoin d’une socialisation continue demeure tout au long de la vie du chien. 

« La socialisation requiert de la créativité et doit avoir lieu pendant cette période critique du développement », explique Pat Hastings. « Rien ne remplace une socialisation intensive et continue pour tous les chiots ». 


1Scott JP, Fuller JL. Genetics and the Social Behavior of the Dog. University of Chicago Press. 1998. (Première publication en 1965)

2Range F, Viranyi Z. Tracking the Evolutionary Origins of Dog-Human Cooperation: The ‘Canine Cooperation Hypothesis.’ Frontiers in Psychology. 15  janvier , 2015. doi: 10.3389/fpsyg.2014.01582. 

3 Fox MW. Integrative Development of Brain and Behavior in the Dog. University of Chicago Press. 1971.

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WHITEROCK, COLOMBIE-BRITANNIQUE
Jake et Kyra - 2014 lauréat
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